
Aventure littéraire
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Nous vous recommandons spécialement : Vous avez dit « Démocratie » ? par Murielle Lucie Clément.
Si nous étions en démocratie, l’information serait accessible à tous. Or, il est loin d’en être question. Ou plutôt, c’est cela la vraie question. En parlant d’information, nous ne signifions pas la propagande médiatique qui en tient lieu, ni les publicités télévisuelles qui essaient de nous faire croire – et qui y parviennent souvent – à l’utilité de produits inutiles dont l’utilisation à long terme rend malade et nous font développer des pathologies tant physiques que psychiques. Propagande médiatique ? Oui, propagande médiatique ! Propagande qui embrouille les cartes, les faits, les délits. Propagande qui désinforme, qui veut nous faire croire que nous vivons en démocratie en nous présentant des pays encore plus mal lotis. Pays qui – pour beaucoup d’entre eux – sont le résultat de notre politique, non seulement passée, mais présente. Pas tous. C’est vrai, pas tous. Mais plus mal lotis, le sont-ils vraiment ? Nous n’avons que les médias pour nous le faire voir, lire, croire.
L’information est loin d’être accessible à tous et elle le restera tant que nous n’apprendrons pas à y accéder. C’est-à-dire apprendre à penser, à réfléchir par soi-même. D’aucuns – peu au courant de son impact mondial – ont critiqué le pamphlet de Stéphane Hessel, Indignez-vous ! Le seul reproche qui aurait pu lui être fait, fut son titre car pour s’indigner il faut savoir, être au courant et non suivre le courant, mais remonter le courant, être la petite goutte qui nage à contre-courant. Oui, c’est plus ardu que de se laisser porter par la vague. Pensez ! ou Réfléchissez ! aurait été un titre plus juste dans cette optique, mais moins porteur et phonétiquement moins accrocheur. Plus injonctif aussi. Plus que tout, un tel titre aurait fait réfléchir et se rendre compte que nous ne pensons pas assez, que nous ne réfléchissons pas assez par nous-mêmes. Passer pour des écervelés, aucun d’entre nous ne le veut. Et pourtant, c’est ce que nous sommes. Nous poussons des cris d’orfraie dès qu’un scandale anodin en soi éclate. Anodin car c’est loin d’être un scandale, tout au plus un état de faits, graves peut-être, mais depuis belle lurette établis et connus. Sans remonter bien loin, il y a eu DSK. Mais les médias connaissaient depuis longtemps l’appétit charnel presque insatiable de cet homme. Viol, pas viol ? L’intérêt véritable était et est autre. Ces scènes sexuelles se produisaient de manière récurrente, mais on en parlait que dans les couloirs et en off. L’information n’était pas pour tous ! Et soudainement, pour quelle raison que ce soit, l’information devient, non pas d’intérêt public, mais profitable à quelques uns et elle est divulguée. Que Naffissatou Diallo ait été forcée par DSK était beaucoup moins important à savoir que pourquoi ces révélations – arrivant à point nommé pour certains et beaucoup moins pour d’autres – étaient publiées ainsi que toutes celles qui ont suivi. La France et le monde entier se régalaient ou s’offusquaient promptement des galipettes d’un homme qui aurait dû devenir président de la République, l’obligeant à démissionner. Quelles peuvent être les autres affaires menaçant de se montrer au grand jour qui l’ont poussé vers une telle décision ? Voilà ce qui serait intéressant à connaître.
La France a donc hérité de François Hollande. Un homme que l’on imagine mal en compagnie intime. Et pourtant… Ce président vit en concubinage. Situation relationnelle impensable il y a cinquante ans. Impensable… du moins en public car la France a connu Mitterand et ses deux ménages avec la complicité des médias muets. Oui la France possède un appareil médiatique libre mais complètement autocensuré. Quand Edwy Plenel vient faire l’apologie de Médiapart et la révélation du scandale Sarkozy-Bettencourt et s’insurge contre le compte en banque caché de Jérôme Cahuzac, cela ne devrait tromper personne. Pas que Monsieur Plenel soit trompeur en soi. On peut lui faire confiance pour révéler ce qui doit l’être le moment opportun. C’est le système qui veut cela. Lancer des combats d’arrière-garde pour occulter les vrais débats. Lorsque la foule gronde, le mieux est de lui donner de quoi passer sa vindicte. Alors, vous avez dit : démocratie ?
Ce texte a été publié dans sa version espagnole sur “El Boson democratico” http://www.separaciondepoderes.es








