La Côte d’Azur. On en rêve souvent. La chaleur, la beauté des paysages et la mer bleue à l’infini de l’horizon. Jean-Pierre Fouchy la connaît bien. Originaire de Nice, cet auteur est aussi un grand amoureux de la Pologne et des Polonais. Surtout de Polonais célèbres qui ont séjourné sur ce rivage enchanteur où il naquit cinquante-deux ans plus tôt. Pour marier ses deux amours, il publie un ouvrage pittoresque : Une Polka à Nice.
Une Polonaise, Agnès, radieuse, visite Nice, guidée par son ami Jean-Pierre. Réunis par l’Histoire, leur passion commune, ils discourent pendant leurs pérégrinations à travers la cité. De Pline l’Ancien à nos jours, ils évoquent des personnalités connues et variées telles Chopin, Attila, Marie Curie, Gombrowicz et découvrent au fil des lignes le maillage étroit entre la France et la Pologne.
« Jean-Pierre – Jusqu’à cinq ans, Guillaume [Apollinaire] n’a parlé que le polonais et l’italien. Mais à partir de cet âge, sa maman Angelika lui apprend à écrire. Et elle lui apprend à écrire en français. En mars 1887, la famille d’Aspermont l’envoie à Monaco.
Agnès – Ah enfin, nous en arrivons à la Côte d’Azur !
Jean-Pierre – Angelika est expédiée à Monaco pour y mener une vie tranquille, loin de sa belle-famille de façon à ne pas lui porter ombrage. Mais, à son arrivée, la peur règne sur la Côte car c’est justement ce jour du 23 février 1887 que le tremblement de terre cause des dégâts considérables. Frédéric Nietzsche a d’ailleurs narré cet événement pour l’avoir vécu. Par précaution, Angelika est obligée de dormir avec ses enfants durant un mois sous une tente. Finalement, elle s’installe à Monte-Carlo. Elle n’est qu’à quelques centaines de mètres du casino et peut le fréquenter avec assiduité. Ainsi, pendant que maman joue, Guillaume et Albert sont pensionnaires au collège Saint-Charles situé dans la vieille ville de Monaco, sur le Rocher qui domine la mer.
Agnès – Il est certainement un bon élève.
Jean-Pierre – Quand il est très jeune oui. Après cela se gâte. En 1891, les jeudis et durant les vacances, il fréquente un camarade de Saint-Charles, James Onimus, dans la villa de ses parents à Cap d’Ail.
Guillaume, James et Harkeney, un autre condisciple de Saint-Charles, créent « L’association des tueurs de mouches ». Onimus les attrape, Harkeney les décapite, et Guillaume leur fait des funérailles. »
La présence polonaise en France, et vice-versa, ne date pas d’hier. Des Français se rendirent en Pologne, et ce dès le Moyen-âge. Le fils de Charles II Robert d’Anjou, roi de Hongrie, et d’Élisabeth Piast de Pologne, fut roi de Pologne en tant que Louis Ier le Grand d’Anjou (en polonais Ludwik Węgierski Andegawenski (Louis le Hongrois d’Anjou).
Une Polka à Nice ravivera la mémoire de plusieurs amoureux de la Côte d’Azur et fera connaître à d’autres quelques repères curieux. Il permettra au lecteur de mieux apprécier la Pologne au travers de quelques-uns de ses enfants qui se sont illustrés en France sur les bords de la Méditerranée. Depuis son adhésion à l’Europe, la Pologne est, en effet, dans l’actualité et le public français bien souvent ignore les relations vieilles de plusieurs siècles qui ont uni les deux pays qui jamais n’on été en guerre. Les tours et détours de l’auteur renseignant la touriste polonaise donneront au lecteur l’envie de découvrir ou redécouvrir les sites évoqués, mais aussi d’approfondir ses connaissances.
Jean-Pierre Fouchy, Une Polka à Nice. La présence polonaise sur la Côte d’Azur, Editions incognito, 173 pages, 28 €, (avec de nombreuses illustrations et photographies en couleurs)
