Quatrième volet des aventures de Mock, La Mort à Breslau de Marek Krajewsky, est une formidable description de la montée de l’hitlérisme dans l’Allemagne et dans la ville. Dans ce roman, l’auteur produit une analyse sans compromis des névralgies qui secouent le pays au début de ce qui fut l’un des plus grands cataclysmes de l’histoire.
Herbert Anwaldt, enfermé dans un hôpital psychiatrique, souffre d’une phobie aiguë des scorpions. Ce sont, justement ces arthropodes de la classe des arachnides qui fourrent le corps mutilé et sans vie de trois personnes dans le train Berlin-Breslau en 1933. L’un de ces cadavres est celui de l’aristocrate Marietta von der Malten. Pour comble de l’horreur, une malédiction et une vengeance sont inscrites dans sa chair meurtrie. Le conseiller criminel Mock, chargé de l’enquête, découvre à l’aide d’un professeur halluciné que ces mots remontent à la nuit des temps. On est en 1950. Le crime s’est déroulé en 1933. Toute une époque. Avait-on arrêté et condamné le vrai coupable ou bien… ? Nazissme et franc-maçonnerie, sans lesquels les notables n’auraient su envisager de promotion, ont-ils brouillé les cartes? Véritable sac de nœuds, l’affaire sera, vaille que vaille deux décennies plus tard, résolue par Mock transformé en une sorte de James Bond allemand qui se dépêtre des situations les plus hétéroclites et pas tout à fait crédibles. Toutefois, le roman offre un moment de détente pour l’amateur de polar sans complications.
Marek Krajewski est né en 1966 en Pologne. Maître de conférences à l’université de Wroclaw, où il enseignait le latin, il vit désormais de sa plume.
Marek Krajewski, La Mort à Breslau, Gallimard, 2012, traduit du polonais par Charles Zaremba, 241 pages, 19,50 €
