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mars 12, 2022 By mlc

Lufthansa et Lounarsky jouent à chat-perché

Loulou et lulu arbre

Ils sont devenus grands !  Tous les deux de bons gros matous. Lounarsky et Lufthansa, nourris au biberon.

Ils avaient une dizaine de jours quand nous les avons trouvés sur le bord de la route pendant notre promenade quotidienne. Des gens sans cœur les avaient abandonnés. Si nous n’étions pas passés ce jour-là, ils auraient probablement péri de faim, de soif ou auraient été dévorés par des animaux plus gros et plus forts.

C’est toujours un mystère de comprendre comment des êtres humains peuvent être aussi cruels. Laisser des chatons aussi adorables à un triste sort.

Maintenant qu’ils sont adultes, ils se débrouillent tout seuls. Ils gambadent autour de la maison en ruines en face de chez nous. Là, ils peuvent grimper, passer par les trous du toit et chasser les souris qui y ont élu domicile. Ils s’amusent dans le jardin et le bûcher. Il y a toujours à découvrir.

                                                                                Ils peuvent sans problème se nourrir grâce aux assiettes de croquettes que nous mettons à leur disposition. Toujours remplies, elles leur assurent de bons petits repas comme ils en ont pris l’habitude. Leur ventre toujours aussi rebondis ne les empêche nullement de jouer dans les arbres et de se percher sur les branches.

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Classé sous :Salon littéraire

octobre 20, 2015 By mlc

Les Bienveillantes, roman de Jonathan Littell

bienveillantesÀ la sortie de son pavé, Jonathan Littell n’en n’est pas à son coup d’essai. En 1989, il avait déjà publié en anglais Bad voltage, un roman de science fiction évoluant dans un monde virtuel. Puis plus rien de fictionnel jusqu’à la sortie en 2006 du monumental Les Bienveillantes, dont le titre renvoie à une tragédie d’Eschyle, Les Euménides. Bourré de données factuelles, le lecteur est plongé dans le marasme des atrocités perpétrées lors de la Seconde Guerre mondiale – majoritairement – par les nazis d’Allemagne, mais aussi par les Hiwi (Hilfswillige), les auxiliaires russes, « volontaires » pour la plupart, présentés ainsi par Aue, le narrateur : « Pourtant j’avais aussi remarqué parmi les soldats de nombreux Russes en uniforme allemand avec le brassard blanc des Hilfswillige. “Les Hiwi” ? ». Aue décrit l’abjection la plus complète : la solution finale du problème juif (Endlösung des Jungenfrage), les groupes d’opérations mobiles de tueries (Einzatgruppen), les exécutions « à ciel ouvert » « la Shoah par balles), les camps d’extermination et les chambres à gaz, les chambres à gaz mobiles (Gazwagen), les fours crématoires, les marches de la mort.

En fait, ce n’est pas la première fois qu’un bourreau nazi est le narrateur d’un ouvrage sur ces horreurs, la plupart des critiques rapprochent le roman de Littell de La mort est mon métier de Robert Merle, mais Les Bienveillantes areçu le prix Goncourt et le Grand prix du roman de l’Académie française et déclenché une effervescence sur fond de polémique dans le monde de l’édition et bien au-delà. « Figure faustienne » pour les uns, Aue est un narrateur peu crédible pour les autres. Toutefois, beaucoup s’accordent à reconnaître l’immense travail de documentation réalisé par l’auteur. Littell se soucie peu des connaissances linguistiques de son lecteur. Les sigles, les abréviations et les grades de l’armée en allemand lui battent les yeux. D’autre part, on peut s’interroger sur la valeur d’une traduction qui ôterait très certainement beaucoup de l’originalité à l’œuvre sans – nécessairement – apporter une plus grande compréhension au lecteur.

À condition de passer outre l’accumulation de particularités (homosexualité, bilinguisme, inceste, matricide supposé et meurtrier avéré) d’un narrateur loin de la banalité quotidienne, le liseur patient et persévérant, après la lecture des 900 pages (1400 en poche) peut découvrir, si ce n’est lumière sur les crimes de l’humanité, au moins une réflexion et le désir d’en savoir davantage. En cela, le roman de Littell remplit une fonction méritoire…

Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Gallimard, 2006, 907 pages, 25 € (aussi disponible en Livre de poche)

Classé sous :Atelier Litteraire

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