novembre 26, 2015 By mlc

Le Baiser de Pandore – L’Intégrale, Patrick Ferrer

baiser pandoreApocalypse, en exergue, ouvre une structure narrative rhapsodique, peinte d’une écriture en noir et blanc où des touches de pastel irisé surgissent comme les traits d’une aube naissante, balayée par les sombres bourrasques d’une tempête rageuse.

Des contrastes parmi lesquels l’onirisme le dispute au réel, le présent au passé, le futur à l’impossible et la philosophie à la politique forment le canevas de l’intrigue. Des personnages surgis de la vie, des jumelles à la beauté diaphane, une enfant dont la naïveté transperce les propos adultes et un héros emporté par une fougue toute cauchemardesque, évoluent dans un univers réunissant les bons et les méchants dans un affrontement aux idéologies surannées toujours actuelles qui culminent dans une partie d’échecs épique. Des endroits sordides teintés de sang et d’angoisse, alternent avec une lactescence hiémale dans la féérie des banlieues moscovites. De la noirceur la plus profonde émergent des instants d’une pureté cristalline, étouffée par les pas d’un danger omniprésent.

Mêlant les genres littéraires avec dextérité, Patrick Ferrer emporte son lecteur tout au long de rebondissements échevelés et, au passage, assène des vérités avec une grande subtilité.

Assurément un livre à lire pour un week-end d’aventures, de préférence, en compagnie d’un verre de vin à portée de main et un chat sur les genoux.

Le Baiser de Pandore – L’Intégrale, Patrick Ferrer, sur Amazon, 3,99 € (ou 0,00 € en Kindle illimité)

 

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novembre 18, 2015 By mlc

Je ne parlerai pas des attentats du 13 novembre

Main écrivantSont considérés comme écrivains ceux qui pratiquent un métier relevant de l’écriture et particulièrement les romanciers, les nouvellistes, les essayistes, les poètes, les fabulistes, les dramaturges, les critiques littéraires, les pamphlétaires.

Dans cette liste le mot qui m’interpelle est « métier ». Oui, être écrivain est un métier, pas du dilettantisme. En ce sens, métier désigne l’exercice d’une activité humaine, notamment professionnelle. Une profession. Dont on vit. Qui paie les factures et plus si affinités. Selon moi, toutes ces personnes qui mettent « écrivain » comme activité sont dans l’erreur si elles ne vivent pas de leur plume. Je dirais qu’elles sont des auteurs, ce qui n’est déjà pas si mal, mais des écrivains, non. Accoler écrivain à son nom n’est pas nécessairement un signe de fatuité, de vanité, mais plutôt d’ignorance ou peut-être de désir. Si vous voulez être écrivain, travaillez, travaillez, travaillez, mais ne refaites pas les mêmes erreurs. En prenant toujours le même route, vous arriverez obligatoirement au même lieu. Changez de chemin, il est encore temps de bifurquer.

Ce n’est pas après avoir écrit quelques bluettes que l’on devient écrivain. C’est un dur métier qu’il faut apprendre. Et surtout, être sans pardon avec soi-même. Vendre deux ou trois livres dans chaque salon où l’on paie pour être présent, ne fait pas de vous un écrivain. Soyez tolérant avec les autres et impitoyable avec vous-même.

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octobre 19, 2015 By mlc

Svetlana Alexievitch, le Nobel pour faire ch… Poutine

svetlana alexievitchSvetlana Alexievitch a reçu le prix Nobel de littérature 2015. Cela peut en surprendre quelques-uns qui connaissent ses livres plus proches du journalisme que de la littérature. Mais, qu’est-ce que la littérature, n’est-ce pas? Il fut un temps où les livres de témoignages n’en faisaient pas partie. Maintenant, apparemment, si et la non-fiction fait une entrée fracassante en littérature.

Toutefois, Svetlana Alexievitch s’exerce à une littérature du témoignage un peu particulière. Recueillant de nombreux témoignages sur un certain sujet, elle les transforme et leur fait dire un peu ce qu’elle aurait aimé qu’ils disent. A ce sujet, deux chercheurs, Galia Ackerman et Frédérick Lemarchand, professeur de littérature à Caen, ont publié un article édifiant intitulé: «Du bon et du mauvais usage du témoignage dans l’œuvre de Svetlana Alexievitch». Pour lire cet article, il suffit de consulter la revue « Tumultes » 2009/1 (n° 32/33), que l’on peut lire dans son intégralité à: https://www.cairn.info/revue-tumultes-2009-1-page-29.htm. Les deux chercheurs posent quelques questions très pertinentes sur la pratique de réécriture de l’auteur couronné.

Crédits photo: © Mehmet Kaman / Anadolu Agency

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