février 16, 2016 By mlc

Chris Simon: Lacan et la boîte de mouchoirs. L’intégrale

Lacan1Lacan et la boîte de mouchoirs de Chris Simon est un livre surprenant tant l’écriture en est ciselée. Il s’agit de littérature, la vraie, celle que l’on rencontre peut-être un peut trop rarement de nos jours parmi ces auteurs fortement médiatisés. L’auteur a, non seulement une vision, mais sait la transmettre par les termes judicieusement choisis. Des mots précis, justes, goûteux, qui répercutent et retentissent en le lecteur longtemps après le livre refermé.

Il émane une suavité du livre que seul l’amour du langage fait naître ; une apesanteur évoquant les fines dentelles aériennes de Brugge transposées en belles-lettres. La transcendance engendrée par des phrases arachnéennes emporte le lecteur dans une délectation sans pareille dans l’univers de la psychanalyse et ses aléas.

Un livre doit nous ouvrir des portes sur le monde si possible, mais encore plus des portes en nous-mêmes. Sinon à quoi bon? A quoi bon lire si ce n’est pour accéder à une connaissance accrue de notre moi et des autres ? Lacan et la boîte de mouchoirs réussit cet exploit de  divertir son lecteur tout en le menant à l’introspection nécessaire pour discerner en soi les concordances au monde extérieur.

Lacan integrPourquoi entamer une analyse longue et fastidieuse si on peut lire Lacan et la boîte de mouchoirs ! Saison après saison, les personnages initient le lecteur en déployant leurs affres et leurs bonheurs. Chacun diffère de l’autre, mais tous ont en commun de nous être semblables portraiturés avec délicatesse sous la plume de Chris Simon.

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janvier 17, 2016 By mlc

Trop de livres seraient donc inutiles

bg-aUn roman doit changer votre vie, sinon pourquoi le lire ? La lecture doit être une lecture nécessaire. Le livre lu devrait traiter des grands sujets, des grandes questions existentielles : la mort, l’amour, la fugacité de l’être, le Bien, le Mal…

Pour le reste, le divertissement, nous avons le cinéma, la télévision qui sont beaucoup mieux appropriés pour cela. Chaque livre doit proposer un chemin de salut, pourrait-on dire, il doit être une sotériologie. Et, vous voyez, il y a trop de livres inutiles…

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janvier 17, 2016 By mlc

Drôles d’oiseaux dans la blogosphère

carte_blogosphere_francaisePour revenir à un article de blog, j’aime bien, en règle générale, lire la présentation que l’auteur donne de soi dans « A propos » ou « l’auteur ».
 
Ce que Sophie A.écrit dans sa présentation m’intrigue: « Je lis beaucoup : romans, nouvelles, bandes dessinées, ouvrages jeunesse… Avec une préférence assumée pour la littérature blanche, française et contemporaine. »
 
« Contemporaine », je pense comprendre bien que les avis diffèrent toujours à ce sujet sur les dates exactes, mais bon ne chipotons pas.
 
« Française », c’est déjà un peu plus difficile. S’agit-il de littérature en langue française ou écrite par des Français. Si ce sont des Français, doivent-ils être nés en France ou bien peuvent-ils être aussi naturalisés? Est-ce que les Français de deuxième ou troisième génération font partie du lot? Très imprécis, en ce qui me concerne.
 
Avec « blanche » cela devient encore plus complexe.
Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’est la littérature blanche?
Est-ce la littérature de la collection « Blanche » de Gallimard?
Est-ce la littérature que l’on nomme blanche comme on le dit parfois de certains auteurs comme on pourrait dire « plate » ou « enlevée » ou … ?
Est-ce la littérature écrite pas des auteurs à la peau blanche ?
 
Vraiment, je sèche.

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décembre 13, 2015 By mlc

Il y a les livres et il y a la littérature

Carrington mansion, filoli, Filoli is an historic site of the National Trust for Historic Preservation  Filoli country house, Carrington mansion, filoli, Filoli is an historic site of the National Trust for Historic Preservation
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Oui, il y a les livres et il y a la littérature, tout comme il y a des auteurs et il y a des écrivains. D’être très médiatisé ne fait pas d’un livre de la littérature, tout comme un auteur médiatisé ne devient pas obligatoirement un écrivain. Parmi les livres, il existe plusieurs genres à ranger en deux grandes catégories: la fiction et la non fiction. Dans la fiction, on mettra à la place d’honneur le roman, puis viendra la nouvelle et enfin la poésie et le théâtre. Tout le reste formera la non fiction.

Tout livre, qu’il soit de fiction ou de non fiction doit respecter un minimum de règles dont une orthographe et une grammaire correctes avec l’accord des participes et la concordance des temps impeccables. Une syntaxe agréable est également un plus. Pour le plaisir de la lecture, une typographie conséquente et pour la compréhension du texte, une ponctuation juste. Beaucoup d’auteurs confondent ces deux dernières. De même que beaucoup assimilent écriture et littérature. Pour la typographie, aussi bien que la ponctuation, la constance et un emploi selon les règles sont de mise.

En ce qui concerne le lexique, il doit être riche et compréhensible. Fréquemment, les pages renferment des verbes mal employés par l’auteur, qui de toute évidence n’en connait pas la signification exacte. On rencontre aussi des adjectifs dont la redondance gênante dénote l’indigence du vocabulaire et des erreurs récurrentes qui souillent une intrigue intéressante en soi bien ficelée.

Lorsqu’un paragraphe de cinq lignes comporte trois fois le même adjectif, verbe, adverbe ou nom commun, l’auteur amalgame probablement corrections et réécriture. Les premières sont plus que de changer un mot par-ci par-là ou de mettre un pluriel oublié ou d’ôter une double lettre là où il n’en faudrait qu’une ou encore de rajouter une phrase qui « sonne bien ». Oui, les corrections devraient, en premier lieu comprendre la réécriture en profondeur du texte. Un livre dont le texte respectera l’orthographe, la grammaire, la concordance des temps aura plus de chance de trouver un public éclairé.

Toutefois, il existe des exceptions et des livres bourrés de fautes arrivent tout de même en tête de classement. C’est rare, mais cela arrive. On le voit dans le Top 100 d’Amazon. D’un autre côté, cela ne devrait pas trop surprendre. La plupart des lecteurs aiment les livres, pas la littérature. C’est visible en consultant ce même Top 100 des meilleures ventes d’Amazon où il y a surtout de la littérature de genre, mais peu de grands textes sauf dans le Top 100 des livres gratuits où les auteurs classiques sont assez bien représentés. C’est visible aussi en considérant les ventes d’Harlequin, un éditeur où chaque premier tirage atteint toujours un minimum de 35.000 exemplaires, cela même si l’auteur est inconnu.

Cependant, ces considérations prises en compte, ne devraient pas empêcher les auteurs indépendants d’améliorer leur écriture. Être dans le Top 100, c’est bien. Vendre des livres, c’est bien. Mais écrire de bons livres, c’est mieux. Et améliorer son écriture, encore mieux.

On trouve beaucoup de méthodes pour apprendre les arcannes de l’autoédition, sur comment publier son livre, quel titre choisir pour vendre, comment faire une belle couverture, une couverture qui accroche, qui vende. Peu est fait pour savoir comment améliorer son texte alors que cela devrait être primordial, la première occupation d’un auteur à tous moments présente à son esprit. A ce sujet, on peut relire « La Peste » d’Albert Camus.

Et enfin, il y a les coquilles ! Ces erreurs qui échappent à la vigilance de l’auteur et défient l’œil le plus exercé d’un correcteur aguerri.

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décembre 13, 2015 By mlc

Crime à l’université, Murielle Lucie Clément

CrimeUnivEntre nous les polars que j’affectionne font toujours plus de cinq cent pages. Je pencherais plutôt pour ceux de sept cent ou neuf cent pages et il s’agit plus de thrillers, disons des romans à intrigues avec, de préférence, une intrigue principale et une ou plusieurs intrigues secondaires, des ramifications sociales, psychologiques, policières, géographiques, historiques parfois, se déroulant dans des milieux aussi divers que métropolitain, naval, rural, informatique, écologique etc. Les personnages doivent être bien creusés avec des conflits, et non des stéréotypes, éviter le cliché éculé du policier alcoolique, tabagique mis à la porte du domicile conjugal à cause de ses horaires fantasques (sous-entendu qui a sacrifié  son mariage, sa famille à son travail, son devoir de protéger le quidam lambda), frustré de savoir sa femme dans les bras d’un autre et heureuse, lui qui est incapable de sentiments en dehors de la compassion éprouvée pour les victimes d’assassins sadiques.

J’exige aussi de l’auteur un travail invisible sur la langue avec de la recherche dans le vocabulaire, cela va de soi, mais aussi et surtout dans le détail bien ficelé grâce auquel je puisse pénétrer dans une scène et observer le décor à mon aise et les mouvements des personnages, des animaux et des insectes, afin que je puisse appréhender la lumière, l’obscurité. Lorsque je parle de détail, je veux non seulement la poussière qui se joue de la lumière dans un rayon de soleil filtrant à travers une fente des persiennes et se répercutant sur le papier peint de la chambre, ce qui est élémentaire, mais je désire voir la teinte crayeuse de ce rai créant de ses particules emmitouflées de matité, la touffeur ocrée de la chambre, l’exhalaison des ténèbres artificielles de midi. Qu’il ne me dise pas le diptère qui bourdonne, mais la mouche trottinant sur la cuillère à café et tâtant avec délicatesse de sa trompe en forme de sabot, la goutte sèche et brune laissée par le breuvage matinal du protagoniste. S’il y a des fougères, je veux voir sur les crosses duveteuses vert Véronèse, les minuscules poils boucanés, raides comme les soies d’un sangliers lilliputien. Quant au suspense, il est loin d’être l’apanage indispensable aux romans à intrigue, mais devrait s’écouler de tout ouvrage qu’il soit scientifique ou littéraire, roman, nouvelle, poésie ou essai, puisqu’il est ce qui me fait moi, lecteur, désirer poursuivre la lecture pour savoir le développement d’une argumentation, l’originalité d’une thèse, les circonvolutions d’une intrigue, les ramifications de la composition, la variété du style de l’auteur, sa vision, bref, en un mot, tourner la page.

– Comment pouvez-vous lire une telle écriture ! » s’exclama Nekimov qui avait écouté avec beaucoup de patience l’argumentation de Chloé. « Neuf cent pages ! Mais c’est impossible. Ce sont des romans qui ne mènent nulle part, une écriture plate, insignifiante. La vie est si courte, vous savez, il faut lire l’essentiel.

– Oui, bien sûr, l’essentiel… mais peut-il être le même pour tous ?

– Un roman doit changer votre vie, sinon pourquoi le lire ? La lecture doit être une lecture nécessaire. Le livre lu devrait traiter des grands sujets, des grandes questions existentielles : la mort, l’amour, la fugacité de l’être, le Bien, le Mal… Pour le reste, le divertissement, nous avons le cinéma, la télévision qui sont beaucoup mieux appropriés pour cela. Chaque livre doit proposer un chemin de salut, pourrait-on dire, il doit être une sotériologie. Et, vous voyez, il y a trop de livres inutiles…

Crime à l’université, sur Amazon (broché)

Crime à l’université, sur Amazon (Kindle)

 

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